원더풀스 ★★★★

The Wonderfools est une comédie fantastique qui revisite avec beaucoup d’autodérision le mythe des super-héros. Située en 1999, à l’approche du passage à l’an 2000 et des nombreuses peurs apocalyptiques qui agitent alors la société coréenne (et le monde, on se souvient de la psychose liée au passage de l’an 2000 qui allait stopper tout l’informatique). La série raconte comment plusieurs habitants ordinaires de la petite ville de Haeseong acquièrent soudainement des pouvoirs extraordinaires à la suite d’un mystérieux incident. Loin de devenir immédiatement des sauveurs du monde, ils restent avant tout des individus maladroits, souvent immatures et incapables de maîtriser leurs nouvelles capacités. Leur quotidien devient une succession de catastrophes burlesques où leurs dons compliquent davantage leur existence qu’ils ne la facilitent.

Au centre du récit se trouve Eun Chae-ni, interprétée par Park Eun-bin. Jeune femme connue dans son quartier pour attirer les ennuis, elle rêve simplement d’échapper à une vie monotone marquée par la maladie, les difficultés financières et l’étouffement d’une petite ville où tout le monde connaît tout le monde. Lorsqu’elle développe un pouvoir surnaturel, son existence bascule complètement. Elle entraîne malgré elle plusieurs voisins dans cette aventure improbable où chacun hérite d’une capacité aussi spectaculaire qu’incontrôlable. Le fonctionnaire Lee Un-jeong, envoyé depuis Séoul, rejoint progressivement cette équipe improvisée afin d’enquêter sur une série de disparitions mystérieuses qui semblent liées à l’apparition de ces nouveaux pouvoirs.

Le principal ressort humoristique de la série repose précisément sur cette idée de super-héros profondément imparfaits. Contrairement aux modèles classiques des comics américains, les protagonistes ne possèdent ni charisme exceptionnel ni sens inné de la justice. Ils sont maladroits, égoïstes, peureux ou simplement incapables de comprendre ce qui leur arrive. Les séquences d’action tournent fréquemment à la farce, chaque tentative héroïque se transformant en chaos général. Cette approche rapproche davantage la série d’une parodie affectueuse des grands films de super-héros que d’un récit épique traditionnel. Les effets spéciaux sont volontairement mis au service du comique, tandis que les personnages continuent à gérer leurs problèmes de famille, de voisinage ou d’administration municipale avec autant de difficultés qu’avant.

Sous son apparence légère, la série développe également une intrigue beaucoup plus sombre autour d’une organisation secrète baptisée Wunderkinder. Derrière les expériences qui ont conduit à l’apparition des super-pouvoirs se cache un scientifique persuadé que l’humanité peut être améliorée grâce à la manipulation génétique. Ce fil conducteur introduit une réflexion sur les dérives de l’eugénisme moderne. Les personnages découvrent progressivement qu’ils sont devenus les cobayes involontaires d’un projet visant à sélectionner des individus supposés supérieurs, capables de représenter une nouvelle étape de l’évolution humaine (Merci les X-Men). La série interroge ainsi les limites de la science lorsque celle-ci prétend décider qui mérite de vivre ou d’être amélioré.

Cette thématique rejoint un autre sujet sensible de la société coréenne : celui des mouvements sectaires et des gourous charismatiques. L’organisation qui manipule les héros fonctionne selon des mécanismes proches de nombreuses sectes ayant marqué l’histoire récente du pays. Son dirigeant exerce une fascination quasi religieuse sur ses disciples, qui le considèrent comme un père spirituel porteur d’une vérité supérieure. Les références à l’embrigadement psychologique, au sacrifice individuel pour une cause prétendument supérieure et à la manipulation des croyances sont nombreuses. Derrière les séquences humoristiques, la série propose ainsi une critique des dérives idéologiques et de la facilité avec laquelle certains individus vulnérables peuvent être instrumentalisés.
La romance reste discrète mais accompagne progressivement l’évolution des personnages. Entre Eun Chae-ni et Lee Un-jeong naît une attirance qui s’exprime davantage par les regards, les maladresses et les actes de protection mutuelle que par de grandes déclarations sentimentales. Leur relation progresse au rythme de leurs enquêtes et de leur apprentissage des responsabilités liées à leurs pouvoirs. Cette ébauche de romance apporte une touche de douceur dans une intrigue dominée par l’action et la comédie, sans jamais prendre le pas sur le récit principal.

L’un des principaux atouts de The Wonderfools réside incontestablement dans l’interprétation de Park Eun-bin. Habituée à alterner drame et comédie, l’actrice compose ici un personnage exubérant, maladroit et profondément attachant. Son sens du rythme comique, sa capacité à passer en quelques secondes du burlesque à l’émotion sincère et son énergie constante donnent une véritable identité à la série. Même lorsque le scénario s’autorise les situations les plus absurdes, elle parvient à rendre crédible cette héroïne imparfaite qui découvre progressivement le courage. Son interprétation sert de colonne vertébrale au récit et contribue largement à faire accepter les extravagances du scénario, confirmant une nouvelle fois sa remarquable polyvalence.

Les références
Cette vision très coréenne du super-héros s’accompagne d’un hommage évident aux productions américaines contemporaines les plus irrévérencieuses. On retrouve cette idée de héros faillibles popularisée ces dernières années par plusieurs séries occidentales, où les pouvoirs extraordinaires révèlent surtout les faiblesses humaines. Cependant, The Wonderfools conserve une tonalité beaucoup plus chaleureuse et optimiste, privilégiant l’absurde et la solidarité plutôt que le cynisme ou la violence excessive. L’humour naît moins de la destruction spectaculaire que du contraste entre des individus quelconques et des responsabilités qui les dépassent complètement.
On y trouve également un grand nombre de références liés au cinéma de genre, comme pas exemple cette scène où Chae-ni se bagarre avec une tronçonneuse à la manière de Ash (Evid Dead). Lee Un-jeong lui prend des airs de Anakin Skywalker tout de noir vêtu, la main tendu pour user de la force.

Si l’on cherche des équivalents occidentaux, The Wonderfools s’inscrit dans une tendance récente consistant à déconstruire la figure traditionnelle du super-héros. Au lieu de présenter des êtres presque parfaits comme Superman ou Captain America, la série met en scène des individus ordinaires, parfois médiocres, qui héritent de pouvoirs extraordinaires sans posséder les qualités nécessaires pour les utiliser correctement.
Le parallèle le plus évident est sans doute The Boys. Dans la série américaine, les « super-héros » sont souvent vaniteux, corrompus ou moralement douteux. Homelander, censé représenter le héros idéal, est en réalité narcissique, instable et dangereux. De la même manière, The Wonderfools détourne le mythe du sauveur, mais en choisissant une voie beaucoup moins cynique : ses personnages ne sont pas mauvais, ils sont simplement maladroits et dépassés par leurs nouvelles capacités. Là où Homelander abuse volontairement de son pouvoir, Chae-ni et ses compagnons provoquent surtout des catastrophes involontaires. Et si Son Gyeong-hun se joint au combat c’est avant tout sauver son couple et briller aux yeux de sa fille.

On peut également penser à Misfits, la série britannique dans laquelle un groupe de jeunes délinquants acquiert des pouvoirs surnaturels sans pour autant devenir des justiciers exemplaires. Chacun continue à gérer ses problèmes personnels, ses mensonges, ses amours ou ses frustrations, tandis que les pouvoirs viennent compliquer encore davantage leur existence. Cette même logique irrigue The Wonderfools, où les héros restent avant tout des habitants ordinaires de Haeseong confrontés à des difficultés très banales malgré leurs dons extraordinaires.
Autre comparaison possible, The Umbrella Academy présente une famille de super-héros dysfonctionnelle incapable de résoudre ses propres conflits internes. Les personnages y sont souvent immatures, traumatisés ou incapables de travailler ensemble. Dans The Wonderfools, le groupe fonctionne lui aussi comme une bande de marginaux improvisant face au danger plutôt qu’une équipe parfaitement organisée, même si l’ambiance y est beaucoup plus légère et chaleureuse.
Enfin, la série évoque parfois Mystery Men (1999), film culte dans lequel une poignée d’anti-héros aux pouvoirs presque ridicules tentent malgré tout de sauver leur ville. Comme eux, les protagonistes de The Wonderfools ressemblent davantage à des citoyens ordinaires embarqués malgré eux dans une aventure héroïque qu’à des justiciers professionnels.

La différence essentielle réside toutefois dans le regard porté sur ces personnages. Les productions américaines utilisent souvent leurs héros faillibles pour critiquer le pouvoir, les médias ou le capitalisme, en multipliant les scènes violentes ou satiriques. The Wonderfools préfère jouer sur le registre de la comédie familiale et de l’attachement aux personnages. Ses super-héros sont des « bras cassés » attachants qui apprennent progressivement à utiliser leurs capacités pour protéger leur communauté, faisant de leurs défauts une source permanente d’humour plutôt qu’un motif de désespoir ou de noirceur. Cette tonalité plus optimiste explique pourquoi plusieurs critiques ont présenté la série comme une sorte de rencontre entre The Boys et Les Indestructibles, mélangeant satire du genre super-héroïque et esprit de camaraderie.
Les comédiens
- Park Eun-bin dans le rôle d’Eun Chae-ni
- Kim Si-on dans le rôle de la jeune Chae-ni. Une habitante de Haeseong City, atteinte d’une maladie cardiaque en phase terminale, tente de simuler son propre enlèvement pour obtenir de l’argent de voyage auprès de sa grand-mère. Après que ce plan lui coûte temporairement la vie, elle ressuscite et acquiert la capacité de se téléporter lorsque son rythme cardiaque s’accélère, ce qui la conduit finalement à défendre sa ville natale.
- Cha Eun-woo dans le rôle de Lee Un-jeong
- Han Ji-an dans le rôle du jeune Un-jeong. Fonctionnaire réservé et respectueux des règles, il possède secrètement des pouvoirs télékinésiques . Alors qu’il travaille seul à la recherche d’une personne de son passé et de sa mère biologique, ses plans sont bouleversés lorsqu’il est contraint de guider Chae-ni et ses amis dans la maîtrise de leurs nouveaux pouvoirs.


- Choi Dae-hoon dans le rôle de Son Gyeong-hun. Un plaignant chronique au centre de plaintes de la mairie de Haeseong, qui dépose fréquemment des plaintes concernant les rejets toxiques d’une décharge locale, accepte d’aider Chae-ni dans son faux plan d’enlèvement en échange d’une part du butin. Cependant, l’exposition aux déchets chimiques lui confère la capacité de sécréter un puissant adhésif qui lui permet de coller aux surfaces dès qu’il ment, et qui ne disparaît que lorsqu’il dit la vérité.
- Im Seong-jae dans le rôle de Kang Ro-bin. Un employé de cuisine timide du restaurant Hearty House et ami de Chae-ni, qui devient son complice dans sa fausse tentative d’enlèvement. Suite à cet incident, il développe une force surhumaine et une quasi- invulnérabilité qui se déclenche principalement lorsqu’il se sent insulté ou entend des grossièretés.


- Kim Hae-sook dans le rôle de Kim Jeon-bok. La grand-mère de Chae-ni et propriétaire de Hearty House, elle possède secrètement une influence financière considérable. Ancienne financière du laboratoire de recherche clandestin de Won-do, elle surveille de près les sujets d’expérience survivants de l’établissement.
- Son Hyun-joo dans le rôle de Ha Won-do. Un scientifique retourne à Haeseong-si après avoir purgé une peine de 20 ans de prison pour avoir dirigé le « Projet Wunderkinder », un programme secret d’expérimentation humaine qui conférait à des enfants des capacités surhumaines. À sa sortie de prison, il retrouve ses sujets d’expérience survivants afin de retrouver un ancien patient dont la biologie unique, selon lui, détient la clé de la découverte de la vie éternelle.
- Bae Na-ra dans le rôle de Kim Pal-ho
- Shin Tae-yang dans le rôle du jeune Pal-ho. Un enfant prodige qui travaille en étroite collaboration avec Won-do et qui a la capacité de manipuler la gravité.
- Jung Yi-seo dans le rôle de Seok Ju-ran
- Oh Ji-yul dans le rôle de la jeune Ju-ran. Un enfant prodige qui considère Won-do comme une figure paternelle et qui a la capacité de laver le cerveau.
- Choi Yoon-ji dans le rôle de Seok Ho-ran
- Choi So-yul dans le rôle du jeune Ho-ran. Un enfant prodige doté de la capacité d’halluciner.

- Cha Seo-won dans le rôle de Gu Jun-mo
- Jang Jae-ha dans le rôle du jeune Jun-mo. Une survivante du Projet Wunderkinder qui mène une vie normale grâce à Jeon-bok.
- Kim Ki-cheon dans le rôle de Go Sang-moo. Une ancienne responsable d’enfants pour le projet Wunderkinder.
- Kang Ki-doong dans le rôle de Yang Seok-u. Un haut fonctionnaire du centre de traitement des plaintes de la mairie de Haeseong.
- Lee Soo-bin dans le rôle de Kim Na-yeong. Un fonctionnaire subalterne au centre des plaintes de la mairie de Haeseong.
- Choi Gwang-il [ ko ] comme Choi Yeong-jun. L’ancien directeur du projet Wunderkinder.
- Seo Woo-jin dans le rôle de l’Enfant de l’Éternité
- Park Sung-geun dans le rôle de l’aîné Yoon. Un des anciens de l’Église du Salut Éternel.

Série créé par Kang Eun-kyung
Écrite par Heo Da-joong
Réalisée par Yoo In-sik
Musique de Kim Tae-seung
Thème d’ouverture « Les fous merveilleux » de Choe Jeong-in
Producteurs exécutifs : Lee Sang-min, Jang Se-jung, Namkoong Jung, Go Eun-ho, Lee Jae-hwan & Kim Min-ji
Producteurs : Bae Sun-hye, Kim Deok-jin
Cinématographie : Hwang Min-sik, Parc Min-hyun
Montage : Cho In-hyung
Sociétés de production: Nangmancrew, Kakao Entertainment & Fantagio



