★★★★ Lee Hanee, reine du double jeu dans One the Woman – 원 더 우먼

One the Woman propose un récit hybride mêlant comédie, satire sociale, thriller judiciaire et romance, construit autour d’un motif central de sosie et de basculement de destin. Au cœur de l’histoire se trouve Jo Yeon-joo, interprétée par Lee Hanee, une procureure de 33 ans diplômée de l’Université nationale de Séoul, qui a gravi les échelons à la force du poignet dans un environnement hostile. Issue d’un milieu difficile, parlant plusieurs langues et experte en arts martiaux, elle incarne une figure atypique de la justice, capable d’affronter physiquement les criminels qu’elle traque. Derrière son image de procureure corrompue se cache en réalité une justicière marginale : elle extorque de l’argent aux criminels pour le redistribuer aux victimes, brouillant ainsi la frontière entre légalité et justice morale.
Son passé est profondément marqué par la figure de son père, Kang Myung-guk, assimilé à un malfrat, aujourd’hui emprisonné pour avoir incendié une usine du groupe Hanju. Longtemps, Yeon-joo a caché son existence, honteuse de cette filiation. Mais la vérité, révélée progressivement au cours de la série, bouleverse cette perception : son père a été soudoyé pour endosser ce crime afin de dissimuler un meurtre bien plus grave. L’argent obtenu a permis à Yeon-joo de faire ses études, ancrant son destin dans une culpabilité silencieuse. L’incendie n’était qu’un écran de fumée destiné à masquer la mort du père de Han Seung-wook, tué lors d’une altercation avec Han Seong-hye, héritière du groupe. Ce drame fondateur relie intimement les trajectoires des personnages et structure l’ensemble de l’intrigue.

Kang Mi-na, âgée de 34 ans, est la fille illégitime du groupe Yumin et la seconde belle-fille du groupe Hanju. Méprisée en raison de sa naissance, elle est traitée comme une domestique par sa belle-famille. Mais derrière cette apparente soumission se cache une femme déterminée, qui enquête en secret sur les crimes de la famille afin de préparer sa vengeance.
Confondue avec Yeon-joo à qui elle ressemble, elle est prise pour cible et c’est Yeon-joo qui est percutée par une voiture et est identifiée comme Mi-na, d’autant plus qu’elle a perdu la mémoire lors du choc.
Disparaissant une bonne partie de la série après l’accident, Mi-na réapparaît vers la fin sous une nouvelle identité, incarnée par Lee Hwa-kyum, après une chirurgie esthétique, sous le nom de Kim Eun-jung, secrétaire infiltrée auprès de Han Seong-hye.

Un tournant majeur intervient lorsque la famille biologique de Mi-na disparaît dans un accident d’avion. Celle que tous méprisaient devient alors une héritière majeure du groupe Yumin, détentrice de parts considérables. Ce changement de statut la propulse au centre des luttes de pouvoir : Yeon-joo, qui a pris la place de Mi-na, n’est plus seulement une belle-fille marginalisée, mais une menace directe pour l’équilibre du conglomérat. Elle devient dès lors une cible à contrôler, à manipuler ou à éliminer.

Le groupe Hanju est dominé par une structure familiale impitoyable. À sa tête, le patriarche Han Young-sik, interprété par Jeon Kuk-hwan, est affaibli par la maladie et contraint de quitter régulièrement la Corée pour se faire soigner. Cette absence ouvre la voie à sa fille aînée, Han Seong-hye, incarnée par Jin Seo-yeon, une femme d’affaires redoutable, narcissique et prête à tout pour conserver le pouvoir. C’est elle qui, dans sa jeunesse, a provoqué la mort de l’oncle de Seung-wook et orchestré la dissimulation du crime. Autour d’elle gravitent des figures familiales marquées par la cruauté ou la faiblesse : Seo Young-won, la belle-mère tyrannique incarnée par Na Young-hee, qui maltraite Mi-na ; Han Sung-mi, sœur cadette superficielle interprétée par Song Seung-ha ; et Han Seong-woon, le mari infidèle de Mi-na, joué par Song Won-seok, pris entre ses ambitions et ses désirs.
Dans ce monde clos, les alliances sont fragiles et les rivalités constantes. La première belle-fille, Heo Jae-hee, interprétée par Jo Yeon-hee, vit dans la peur pour l’avenir de son fils, unique héritier potentiel du groupe, tandis que des figures de l’ombre comme la gouvernante Kim Kyung-shin ou l’ancien procureur Noh Hak-tae manipulent discrètement les équilibres de pouvoir.

Parallèlement, Han Seung-wook, interprété par Lee Sang-yoon, revient des États-Unis sous l’identité d’Alex Chang. Héritier d’une branche déchue du chaebol, il a été exilé après la mort de son père. De retour en Corée pour investir dans le groupe, il est perçu comme un investisseur possible pour aider le groupe Hanju. Mais son objectif réel est de découvrir la vérité sur la mort de son père et sur les malversations financières du groupe. Ancien amoureux de Mi-na, il est troublé par le changement radical de personnalité de celle qu’il croit être elle, sans savoir qu’il s’agit en réalité de Yeon-joo.
La relation entre Seung-wook et Yeon-joo évolue dans cette ambiguïté permanente. Il tombe amoureux de cette femme combative et imprévisible, tandis qu’elle, même amnésique, est attirée par son intégrité. Mais leur relation est traversée par les secrets, les mensonges et leurs quêtes respectives de vérité.

Autour de Yeon-joo gravite également son environnement professionnel et personnel. Son supérieur corrompu, Ryu Seung-deok, incarné par Kim Won-hae, incarne la collusion entre justice et pouvoir économique. Son ami d’université Ahn Yoo-jun, joué par Lee Won-keun, nourrit des sentiments pour elle et représente une alternative morale dans un univers dégradé. Enfin, ses anciens contacts du milieu criminel, comme Wang Pil-gyu, poursuivent une forme de justice parallèle en aidant les victimes laissées pour compte.
L’intrigue policière se déploie à travers plusieurs axes : la mort du fils aîné du groupe, les malversations financières, les caisses noires et surtout la vérité sur l’incendie de l’usine Hanju. Chaque révélation dévoile un système profondément corrompu, où les crimes sont dissimulés par l’argent et les relations d’influence. Des personnages secondaires, comme l’escroc Lee Bong-sik ou la domestique Trang, participent à cette mise à nu progressive du système en révélant ses rouages cachés.
La série joue ainsi sur une substitution d’identité qui agit comme un révélateur social. En prenant la place de Mi-na, Yeon-joo bouleverse l’ordre établi, redonne une voix à une femme réduite au silence et met en lumière les violences systémiques du monde des chaebols. À mesure qu’elle retrouve la mémoire, elle doit faire face à son propre passé, à la vérité sur son père et à sa responsabilité dans un système qu’elle a longtemps contourné sans le remettre en cause.

Entre satire du pouvoir, critique sociale, enquête criminelle et romance, One the Woman construit le portrait d’une héroïne complexe, à la fois produit et adversaire du système, qui transforme son destin en affrontant les mensonges, les injustices et les crimes enfouis au cœur des élites coréennes.

Lee Hanee dans One the Woman

Le véritable moteur de One the Woman repose sur la performance de Lee Hanee, qui porte pour beaucoup la série sur ses épaules en incarnant au final trois personnages : Mi-na, elle en Mi-na et Yeon-joo. Son interprétation se distingue d’abord par une maîtrise remarquable du contraste. En Jo Yeon-joo, elle impose une présence physique immédiate, presque brutale, faite d’assurance, de regard frontal, de gestes rapides et d’une diction tranchante. C’est une femme qui occupe l’espace, qui attaque, qui domine. À l’inverse, lorsqu’elle est perçue comme Kang Mi-na, elle introduit une retenue corporelle, une posture plus fermée, des regards fuyants ou calculés selon les situations, donnant l’impression d’un personnage écrasé par son environnement… tout en laissant filtrer, par moments, la personnalité explosive de Yeon-joo.
Elle ne se contente pas d’interpréter des rôles distincts, elle incarne une femme qui en joue un autre sans en avoir conscience. Cette complexité est rendue lisible grâce à des micro-variations très fines : un sourire trop franc, un regard trop direct, une manière de répondre qui ne correspond pas au statut social attendu. Ces décalages deviennent à la fois des ressorts comiques et des indices dramatiques.

Son sens du timing comique est un autre atout majeur. Lee Hanee excelle dans la comédie physique et verbale : expressions outrées, réactions disproportionnées, insultes lancées avec une précision presque jubilatoire. Elle parvient à faire exister une satire sociale mordante sans jamais tomber dans la caricature pure, car son jeu reste ancré dans une vérité émotionnelle. Les scènes où elle humilie verbalement les membres de la famille Hanju fonctionnent autant comme catharsis que comme critique sociale.
Mais réduire sa performance à la comédie serait insuffisant. Elle déploie également une palette émotionnelle très large dans les moments plus sombres, notamment lorsque le passé de Yeon-joo refait surface. La honte liée à son père, la colère face aux injustices, ou encore la prise de conscience progressive de la manipulation dont elle a été victime sont traduites avec une intensité contenue. Elle sait passer de l’exubérance à une forme de gravité presque silencieuse, ce qui donne au personnage une profondeur inattendue.

Enfin, son engagement physique renforce la crédibilité du rôle. Les scènes d’action, où Yeon-joo utilise ses compétences en arts martiaux, sont portées par une énergie très concrète. On sent une actrice qui habite pleinement son corps, capable de rendre crédible une procureure qui n’hésite pas à affronter directement les criminels.
Elle réussit à faire coexister la comédie, le drame, la critique sociale et le thriller à travers un seul personnage aux multiples facettes. Sans cette capacité à naviguer entre les registres et à incarner la complexité du double, One the Woman n’aurait sans doute pas la même force ni la même cohérence.

Les comédiens

  • Lee Hanee dans le rôle de Jo Yeon-joo / Kang Mi-na
  • Kim Do-yeon dans le rôle de la jeune Jo Yeon-joo / Kang Mi-na
  • Lee Hwa-kyum dans le rôle de Kang Mi-na après une chirurgie plastique / Kim Eun-jung
  • Lee Sang-yoon dans le rôle de Han Seung-wook / Alex Chang
  • Kim Young-hoon dans le rôle du jeune Han Seung-wook
  • Jin Seo-yeon dans le rôle de Han Seong-hye, cette femme d’affaires talentueuse est la fille aînée du groupe Hanju et la belle-sœur de Kang Mi-na. Héritière ambitieuse et narcissique, elle est prête à tout pour parvenir à ses fins, y compris à éliminer ceux qui, selon elle, font obstacle à sa réussite. Plus jeune, elle a accidentellement tué son oncle et blessé la grand-mère de Yeon-joo en fuyant l’usine.
  • Lee Won-keun dans le rôle d’Ahn Yoo-jun
  • Song Won-seok dans le rôle de Han Seong-woon, second fils du groupe Hanju, il est marié à Kang Mi-na. Cependant, son mariage malheureux le pousse à avoir une liaison avec la célèbre présentatrice Park So-yi. Mais sa rencontre avec Jo Yeon-joo le conduit à tomber amoureux d’elle.
  • Jeon Kuk-hwan dans le rôle de Han Young-sik, le président du groupe Hanju, un conglomérat majeur de Corée du Sud, est le beau-père de Kang Mi-na. Il a corrompu et soutenu Ryu Seung-deok, ce qui lui permet de commettre impunément des délits financiers.
  • Na Young-hee dans le rôle de Seo Young-won, belle-mère de Kang Mi-na, la maltraite souvent. Cependant, depuis que Yeon-joo vit avec elle, elle devient la cible principale des insultes de cette dernière. Un jour, Kang Mi-na lui révèle la vérité sur la mort de son fils aîné.
  • Chanson Seung-ha dans le rôle de Han Sung-mi, la benjamine du groupe Hanju, elle manque de respect à Kang Mi-na. Héritière vaniteuse, elle ne vit que pour le shopping et les salons de beauté.
  • Jo Yeon-hee dans le rôle de Heo Jae-hee, première belle-fille du groupe Hanju, elle est veuve et vit dans l’inquiétude quant à l’avenir de son fils, compte tenu de l’absence de son mari, Han Seong-chan, l’un des principaux héritiers du groupe Hanju, assassiné par Han Seong-hye.
  • Shin Seo-woo dans le rôle de Han Seon-woo, fils de Han Seong-chan et Heo Jae-hee, et le seul petit-fils du groupe Hanju. Sa mère le chouchoute et souhaite qu’il soit reconnu comme l’héritier du groupe malgré l’absence de son père.

  • Kim Chang-wan dans le rôle de Noh Hak-tae, ancien procureur et actuel chef de l’équipe juridique du groupe Hanju, il était un ami proche du père de Han Seung-wook.
  • Ye Soo-jung dans le rôle de Kim Kyung-shin, surnommée « Directrice Kim », elle est la gouvernante du groupe Hanju et une femme auréolée de mystère. On apprendra plus tard que le grand-père de Seung-wook lui a confié une partie de ses parts, qu’elle utilise pour écarter Han Young-sik et sa famille de l’influence du groupe.
  • Kim Bong-man dans le rôle de Jeong Do-woo,garde du corps et assistant fidèle de Han Seong-hye, il l’a aidée à faire disparaître les preuves du meurtre de son oncle (le père de Han Seung-wook) en incendiant l’usine de mode Hanju. Il a soudoyé le père de Jo Yeon-joo pour qu’il avoue être l’incendiaire. Il soutient Han Seong-hye et tous ses crimes car il a été manipulé par elle via sa sœur malade.
  • Jiyun Kim Huong dans le rôle de Trang, une domestique vietnamienne qui parle couramment coréen, mais qui a caché ce fait pour conserver son emploi chez Hanju. Yeon-joo, se faisant passer pour Kang Mi-na, lui soutire constamment des informations sur Kang Mi-na et le groupe Hanju.
  • Kim Won-hae dans le rôle de Ryu Seung-deok, supérieur de Jo Yeon-joo et l’un des chefs adjoints du parquet du district central de Séoul. Plus tard, dans un épisode, il est promu chef du parquet du district central de Séoul, principalement grâce à l’influence du groupe Hanju. Jo Yeon-joo lui en veut d’avoir caché l’implication de l’héritière de Hanju, Han Seong-hye, dans la mort de sa grand-mère.
  • Jung In-gi dans le rôle de Kang Myung-guk, père de Jo Yeon-joo. Ancien malfrat, il avait tenté de se racheter pour sa fille. Le groupe Hanju l’avait soudoyé pour qu’il avoue être l’auteur de l’incendie criminel de l’usine Hanju Fashion, incendie qui a permis de faire disparaître des preuve du meurtre du père de Han Seung-wook. À l’insu de Yeon-joo, l’argent a servi à financer ses études de droit.
  • Lee Gyu-bok dans le rôle de Wang Pil-gyu, ancien gangster ayant travaillé pour Myung Guk, il est désormais propriétaire d’un restaurant de sushis. À la demande de Yeon-joo, il aide les victimes à se venger des criminels restés impunis. Myung Guk lui avait confié la protection de Yeon-joo.
  • Jo Dal-hwan dans le rôle de Choi Dae-chi, bras droit de Wang Pil-gyu.

Série développée par Studio S (planification), Wave (investissement dans la production)
Écrite par Kim Yoon
Réalisée par Choi Hyeong-hun
Compositeur : Jin Ha-di
Producteurs exécutifs : Hong Seung-chang, Jo Young-hoon
Producteurs : Han Jeong-han, Park Min-yeop & Park Seon-ah
Société de production : Gill Pictures

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